Lampedusa, isola isolata, l’île isolée désolée

Publié: 27 novembre 2013 dans emissions
No-Human-Being-is-Illegal-Laura-Sampietro-Global-Education-MagazineÉmission du 4 novembre 2013 

Pour réécouter l’émission en ligne cliquez ici, pour la télécharger ici (archive Bit Torrent).

Lampedusa, la plus grande des îles Pélages, au sud de la Sicile, est un confetti en pleine mer abritant 6000 habitants, le port italien le plus proche de la Libye et de la Tunisie. Frontière de l’Italie, frontière de l’Europe, elle est une des portes d’entrée du continent pour les migrants venus d’Afrique et d’Orient. Le 3 octobre dernier, de nouveau une embarcation de migrants faisait naufrage au large de la petite île : 366 personnes y ont trouvé la mort. La grande majorité des passagers fuyait l’Érythrée et sa dictature sanguinaire, connue pour détenir plus de 10.000 prisonniers politiques.

Après le drame, les visites de personnalités politiques italiennes et européennes se sont multipliées sur l’île, jusqu’au président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le chef du gouvernement italien Enrico Letta, accueillis par des huées. Car les habitants de Lampedusa n’en peuvent plus d’entendre discours de compassion et promesses solennelles d’aide. Eux qui sont en première ligne, menacés lorsqu’ils sont solidaires du désespoir de « complicité à l’immigration clandestine » (loi Bossi-Fini) demandent que les choses changent.

On estime à 25 000 le nombre des réfugiés qui se sont noyés au cours des vingt dernières années en tentant d’accoster en Europe, faisant de la Méditerranée un « cimetière du désespoir ».

L’Europe ne peut plus se contenter de se suréquiper pour protéger les avant-postes de sa forteresse ou de créer de nouveaux centres de rétention ou camps d’accueil, en permanence débordés. La mission Frontex, l’agence de surveillance des frontières européennes, qui mène une véritable chasse en mer aux migrants ne cesse d’interroger quant à ses moyens et à ses fins.

Combien de drames  faudra-t-il pour que l’Europe commence à changer les politiques migratoires mortifères qu’elle a mis en place depuis la fin des années 1990 contre les migrants ?  L’Europe saura-t-elle trouver une politique plus humaine ?

On en parlera avec nos invités :

Alessandra Capodanno, du réseau euro-africain Migreurop qui regroupe une quarantaine d’associations européennes, africaines et médiorientales travaillant sur l’enfermement et les droits des migrants aux frontières.

Juliette Gheerbrant, journaliste à RFI.

Olivier Favier, historien de formation, il est traducteur de l’italien, pigiste. Il anime le site www.dormirajamai s.org, qu’il a créé en 2010

Les documentaristes Laetitia Tura et Hélène Crouzillat qui depuis 2008, recueillent des témoignages, au Maroc et en Tunisie, sur les morts aux frontières. Leur film Les Messagers devrait sortir très prochainement en salles.

Martine Abat, journaliste.

Bonne écoute !

Pour écouter l’émission en streaming vous pouvez cliquer-ici !

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